Investissement en infrastructures 1992-2005

 

Introduction concernant les données

Les statistiques du Forum international des transports sur les investissements en infrastructures de transport 1992-2005 sont établies à partir d'une enquête ciblée couvrant les investissements de 43 pays européens dans le réseau routier, le réseau ferroviaire, les voies navigables, les ports maritimes et les aéroports. Les données de l'enquête concernent l'investissement brut total, compte tenu de toutes les sources de financement ainsi que des dépenses d'entretien financées par les administrations publiques. La précédente enquête sur les investissements en infrastructures, qui couvrait les années 1985-2000, a été diffusée sous la forme d'un CD-ROM intitulé "Investment in Transport Infrastructure 1985-2000" (CEMT, 2006). Des données remontant jusqu'à 1985 sont également disponibles dans des publications sur support papier.

Plusieurs observations se dégagent des données concernant les tendances des investissements en infrastructures de transport. Néanmoins, comme il n'existe pas de définitions ni de méthodologies harmonisées, nous recommandons de les interpréter avec prudence, surtout lors de comparaisons entre pays des données sur l'investissement. De plus, nos données sont censées tenir compte de tous les investissements en infrastructure, mais en fait les informations disponibles sur l'investissement privé sont insuffisantes. De plus, dans certains cas, les investissements effectués par les collectivités locales ne sont pas intégralement pris en compte dans les chiffres présentés.

Les conclusions tirées de la dernière enquête statistique du Forum international des transports couvrant la période 1992-2005 ne sont pas tout à fait comparables à celles de la précédente enquête parce que le nombre de pays et les modes de transport concernés ne sont pas les mêmes. Nous tenons cependant à souligner qu'il y a lieu de tenir pour fiables les données sur les tendances générales et les différents pays.

Tendances générales de l'investissement en infrastructures de transport intérieur

Les tendances qui ressortent de l'enquête laissent entrevoir certains changements importants. Le recul de l'investissement qui avait caractérisé les années 90 semble avoir cessé. Notre précédent rapport sur les investissements, qui portait sur les années 1985-2000, faisait état d'une diminution de la part du PIB affectée à l'investissement total en infrastructures de transport durant les années 90 dans certains pays d'Europe occidentale membres de la CEMT (1). Cette part était en effet passée de 1.0 % en 1985 à quelque 0.8 % à la fin des années 90.
(1) Allemagne, Autriche, Danemark, Finlande, France, Irlande, Italie, Royaume-Uni et Suède.

Les nouvelles données révèlent que nous assistons, au début du 21ème siècle, à une augmentation de la part du PIB consacrée à l'investissement dans les transports intérieurs, laquelle retrouve en 2004 le niveau des années 80, à savoir 1.0 %. Dans les pays d'Europe occidentale, l'investissement en infrastructures de transport intérieur a, en fait, progressé de plus de 20 % en termes réels entre 2000 et 2004, l'essor étant particulièrement vigoureux en Suède, en Irlande et en Espagne.

Dans les pays d'Europe centrale et orientale (2), la croissance de l'investissement connaît une vive accélération depuis 2002, l'augmentation en termes réels atteignant presque 60 % sur trois ans. En conséquence, le pourcentage du PIB alloué à l'investissement en infrastructure dans les transports intérieurs, qui avait stagné à 1 % jusqu'en 2001, a fortement crû pour s'établir à 1.4 % en 2004, soit le chiffre le plus élevé communiqué par ces pays depuis 1990. A l'évidence, l'aide de l'Union européenne fournie dans le cadre du processus d'adhésion de la plupart de ces pays a joué un rôle fondamental dans cette évolution.
(2) Croatie, Lituanie, Lettonie, ERY Macédoine, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie.

Bien que l'investissement total se soit accru dans les pays d'Europe centrale et orientale, nous constatons des différences prononcées d'un pays à l'autre, de même qu'une grande variabilité au fil du temps.

Tendances de l'investissement par mode

Ces dernières années, la part du PIB consacrée à l'investissement a augmenté, tant dans les pays d'Europe occidentale que dans ceux d'Europe centrale et orientale, mais la répartition des investissements entre les modes évolue selon des tendances différentes. Alors que les pays d'Europe occidentale orientent de plus en plus leur investissement vers le rail, ceux d'Europe centrale et orientale investissent massivement dans le mode routier. Ces tendances, déjà constatées dans notre précédente enquête couvrant les années 1985-2000, demeurent donc inchangées depuis quelques années.

Dans les pays d'Europe occidentale, la part de l'investissement routier a continué à diminuer, en regard de l'investissement ferroviaire. Cette part représentait 61 % de l'investissement total en infrastructures dans les transports intérieurs en 2004. Elle avait déjà enregistré une baisse en passant de 70 % en 1990 à 68 % en 1995. En revanche, la part de l'investissement ferroviaire a été portée de 31 % en 1995 à 38 % en 2004. Quant à l'investissement dans les voies navigables, il a légèrement fléchi ces dernières années. En termes réels, toutefois, les volumes d'investissement sont supérieurs à ceux de 1995 dans tous les modes.

Dans les pays d'Europe centrale et orientale, l'évolution est à l'opposé. La part relative de l'investissement dans les infrastructures ferroviaires a régressé de façon encore plus marquée dans les années récentes, pour tomber à moins de 16 % de l'investissement total en infrastructure dans les transports intérieurs en 2004, tandis que l'investissement dans le secteur routier représentait, cette même année, plus de 81 % de l'investissement total en infrastructures. Le changement est notable par rapport aux données antérieures : en 1995, l'investissement ferroviaire s'établissait à 23 % et le routier à 66 %.

Les volumes d'investissement en hausse dans les pays d'Europe centrale et orientale témoignent des efforts déployés pour compenser le sous-investissement antérieur dans les équipements du réseau routier.

Pour de plus amples renseignement, veuillez contacter Mario Barreto.